Still, accrocheur, ambiancé et nauséeux. « Throatruiner tatooed on my cock », direct et efficace dès le départ, ambiancé et glauque dans sa seconde partie, à l’instar de morceau comme Grand Failure sur Shooting Blanks And Pills ou Where Lies The Anchor sur Hoarder. Let Go, rampant, mélancolique, mélodique et désespéré, avec un bon vieux pont casse-nuque typique du groupe, commence comme Scarce de Shooting Blanks And Pills) et repart sur la route de Low Esteem de Rise To Infamy. Like Us, un morceau à part dans la discographie du groupe : monstrueusement bourrin et accrocheur, (« débile et hostile » qu’ils disaient, c’est réussi) avec le premier feat de l’histoire du groupe : Matthias de Calvaiire et sa voix de dégénéré.
Deux reprises, deux chefs d’œuvre.
L’art de révéler un second degré de lecture aux textes d’un morceau un morceau n’aura jamais été aussi réussi à mes yeux que pour la reprise du classique Every Breath de Police. La chanson passionnée d’amour filial écrite par Sting de Police pour son fils devient You Belong To Me, récit de stalker obsessionnel et angoissant et sans doute le morceau le plus malsain du répertoire de Cowards, un coup de maître. Quant à One Night In New York City de The Horrorist, si le texte d’origine ne permet aucune ambiguïté, il n’en est que plus abrasif et dérangeant du fait de l’interprétation audacieuse et jouissive que Cowards propose ici. Une reprise qui fera certainement couler beaucoup d’encre et qui ne manquera pas d’en choquer plus d’un.
On retrouve toujours Francis Caste aux manettes car on ne change pas une formule qui marche : la production est énorme, avec une section basse / batterie toujours aussi saisissante, élément majeur de l’identité sonore du groupe. Certains y verront un nouveau clou planté dans le cercueil du Hardcore français (« que le Hardcore français repose en paix » n’est-ce pas ?), d’autres y verront juste un putain de bon album de plus. Voire leur meilleur à ce jour.
Décidément, ils ont tout niqué.
http://www.metalorgie.com/groupe/Cowards