Dernière sortie du label français prometteur Throat Ruiner Records, ce serait peu dire que “Shooting Blanks And Pills” détruit tout. En même temps, c’était annoncé dans leurs influences, entre la brutalité de Kickback, les nausées d’Eyehategod et l’occultisme de Deathspell Omega, on ne pouvait décemment pas en sortir indemne. Un cocktail de sludge, de hardcore, et de ce qui se fait de plus orthodoxe dans le black metal, on est pas loin d’être effrayé en imaginant ce qui s’annonce avant même d’y avoir posé une oreille.
Coup d’essai, coup de maître? La formulation est facile, cependant Cowards atteint ses objectifs avec aisance. D’une brutalité effroyable, que cinq secondes du titre “Vices & Hate” suffiront à illustrer, l’album n’est qu’un déversement poisseux de haine primitive. La voix puise dans ses influences hardcore pour y piquer une rage brute, tandis que le black metal plane au-dessus des blastbeats, des riffs, et surtout! de l’ambiance. A l’image d’un Dragged Into Sunlight tout aussi sombre, il y a quelque chose de malsain dans l’agressivité nauséabonde de Cowards. Les mélodies y résonnent parfois inconfortables, et c’est délicieux. Le jeu de la batterie a quelque chose de lancinant, à la fois arythmique et entraînant, passant d’un break à l’autre comme si le batteur était possédé. Les musiciens ne se calment que pour laisser sonner les guitares sur de longues notes dérangées, avant de repartir, bien vite, dans une démence sans merci.
Quarante minutes qui laisseront l’auditeur gisant sur le sol l’air hagard. Le sludge a le vent en poupe, mais Cowards pousse ses limites très loin, à côté de ça Crowbar c’est du rock’n'roll. Ici, on a les faces les plus crades et craignos de l’être humain, un plongeon dans ses côtés les plus honteux, mais quel plongeon putain!
