Cowards, les grands qui jouent dans la cour des grands.
10 juil, 2012
C’est en cette jolie fin de mois de juin 2012 que Cowards pointe le bout de son nez. Constitué entre autres d’ex-membres de Sickbag, Death Mercedes ou encore Hangman’s Chair, on peut dire que le bestiau a du pedigree. Et ça se sent : rares sont les groupes capables d’offrir un tel niveau de qualité dès leur premier opus. Maîtrisé de bout en bout, tout beau, tout neuf, leur premier album intitulé Shooting Blanks And Pills est un véritable pavé dans la mare, pour ne pas dire dans la gueule.
Une intro qui maintient l’illusion, jusqu’au premier riff qui lance la machine, une locomotive qui transpire la rouille, le charbon et l’amiante. Le ton est donné, dès les premières notes, et on est tout de suite saisi par la qualité générale du son, qui malgré la frénésie ambiante se tient parfaitement : on distingue chaque note, chaque larsen, chaque claquement en provenance directe de la basse.
Une fois n’est pas coutume, le parti pris de violence explicite dès le premier morceau n’est pas synonyme de paresse. Les lignes de guitares sont aussi bien composées qu’exécutées, les rythmiques sont d’un dynamisme peu commun, et on se prend à voyager, via un style nomade, en constante évolution, et qui s’autorise toutes les folies, toujours avec brio. En binaire comme en ternaire, les signatures rythmiques s’enchaînent sans jamais tomber dans le piège de la redondance. Le black métal, le hardcore, le punk et même parfois le rock’n’roll, tous les genres s’invitent à la fête pour conférer à Cowards une véritable couleur locale.
En ce qui concerne le chant, on trouve la plupart du temps des placements pertinents, mais peut-être un peu trop évidents pour réellement surprendre, efficaces en somme. Cette petite lacune est néanmoins nettement rachetée par le cachet, le grain de la voix et plus largement la performance vocale : c’est bien simple, du début à la fin, le chanteur semble cracher du gravier au visage de l’auditeur, même lors de morceaux plus calmes comme « Scarce », magnifique.
Attention, la mention « plus calme » est toute relative. De fait, à côté d’un « Vices And Hate » qui atteint des sommets de violence, beaucoup de titres passeraient pour le générique des bisounours. On signalera également, pour terminer, la qualité du final « Grand Failure », un morceau assez long, assez lent, qui prend des allures de monolithe jusqu’à l’ultime fracture auditive.
Et c’est la fin de trente-huit minutes de violence, pour un album d’une longueur raisonnable si l’on prend en compte le genre. Mais voilà, on en veut plus, encore plus. Ce Shooting Blanks And Pills est tout simplement une énorme baffe dont on ne se relève que difficilement. On peine d’ailleurs à trouver des défauts à ce que l’on pourrait considérer comme une « simple » mise en bouche de ce qu’est Cowards. Vivement le plat de résistance.
S’il ne faut en écouter qu’un : « Vices And Hate »
